Modalités d’accueil en Remédiation pédagogique

mardi 6 février 2018
par  bselle, mlenoir
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Dossier du Forum Permanent des Pratiques en région
Dossier réalisé pour l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme
Expert : Robert VOINOT, pour le Forum des Pratiques en Bourgogne
Chargé de mission régional ANLCI : François CAUVEZ
Référent régional pour l’ANLCI : Cécile BORDY
___
Juin 2007
Pratiques réussies, outils et recommandations pour agir


Lors de son arrivée au CFA, l’apprenti est accueilli dans son groupe classe. Durant la première semaine, il passe une évaluation commune élaborée par les enseignants de la remédiation et effectuée par le professeur du groupe classe en mathématiques et en français.Si les pré-requis de l’apprenti(e) ne lui permettent pas de profiter normalement de la formation, il lui est proposé lors d’un entretien individuel de trois quart d’heure de bénéficier de la remédiation.


Lors de cet entretien individualisé, l’apprenti contractualise avec l’enseignant un parcours formatif personnalisé.Tout au long de l’année scolaire il bénéficiera d’une moyenne de neuf heures de Soutien en français et en mathématiques. 


Extrait du rapport :
"C’est évidemment dans un lieu de formation que le contexte peut paraître le plus favorable. A tel point même qu’on pourrait se demander s’il y a encore lieu de mener un premier entretien… puisqu’on est là pour apprendre ! Ce serait se priver délibérément de ce que les praticiens considèrent comme leur meilleur atout et le gage de réussite le plus fiable : un engagement personnel et libre de l’apprenant dans l’activité de remédiation qui n’est que proposée. Là est la véritable originalité – et, à vrai dire,l’audace – de la formule d’entretien expérimentée au CFA La Noue de Longvic. Comme à la JAPD, on va s’appuyer sur les résultats d’un test passé en amont. Et là aussi on va expliquer qu’une solution existe au sein de l’établissement. Mais l’objet de l’entretien sera seulement d’en expliquer le mode de fonctionnement et les règles d’accès. La réponse de l’intéressé sera renvoyée en dehors de l’entretien, pour bien signifier que la décision lui appartient, qu’elle mérite sa réflexion parce qu’elle sera, quelle qu’elle soit, sa décision irrévocable.


On assiste donc ici à une véritable mise en scène de la décision.


Trois invariants structurant les pratiques
 Nommer et signifier la difficulté
Nommer en utilisant le langage qui fait sens pour le jeune (et éventuellement sa famille), celui qui fait écho à un passé …qui ne passe pas et qu’il serait vain de continuer à taire et à refouler.
Donc trouver les mots qui, en disant ce qui est, libèrent (« ça n’a pas dû être facile, l’école… ! »).
Et par ce fait même : signifier, c’est-à-dire inscrire le problème dans un réseau d’explications et surtout de solutions possibles qui, en le sortant du non-dit, l’allège déjà un peu de la honte qui le recouvrait. Tel est le pari, telle est le risque assumé.
 Associer difficulté et solution
Sans être la formule magique, c’est tout de même le moyen le plus éprouvé de réintégrer la personne illettrée dans le vaste cercle des apprenants « de droit commun », de ceux qui ont le droit de se former tout au long de la vie.
 Parier sur l’autonomie de décision
Décider à leur place ? gagner du temps ? puisque c’est pour leur bien… ! En fait, il faut revenir de ces illusions si on veut bien considérer que le pas à franchir est celui d’un investissement sur le long terme et qu’il ne pourra donc être mené à bien que soutenu par un véritable engagement de la personne.
Des compétences requises…mais pas seulement
 Conduite d’entretien, écoute, empathie : compétences techniques de base, bien sûr, mais non-spécifiques aux caractéristiques d’un premier entretien avec ce type de public.
 Diagnostic de problématiques avec prise en compte du système de valeurs spécifique des jeunes : c’est le deuxième cercle de compétences où l’expérience joue un rôle primordial, éclairée et orientée par une approche sociologique et psychologique des réalités vécues puis évoquées dans les entretiens.
 Connaissance des dispositifs locaux et régionaux « prévention et lutte contre l’illettrisme »
 Compréhension intime de ce qu’est l’insécurité linguistique : sans doute la meilleure manière d’être soi-même au clair avec ce que sont les situations d’illettrisme. Se mettre collectivement en situation d’écriture, puis analyser ce qu’elle véhicule pour chacun comme enjeu et ce qu’elle réactive comme souvenirs et affects , un moyen -très approché, certes- de « s’exposer » à l’écrit et de modifier en tout cas durablement son regard sur ces étranges illettrés. On est là au coeur de la compétence.
Ce qui conduit à conclure sur un autre ordre d’exigence, fortement et unanimement souligné par les praticiens : celui d’une déontologie exigeante, faite non pas de règles strictes et intangibles mais d’une constante et, si possible, collective réflexion sur sa propre pratique et ce qu’elle met en jeu."


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